mardi 26 décembre 2017

Un bonheur généalogique mêlé de tristesse : quand la folie resurgit du passé

Pour terminer l’année, Sophie Boudarel de la Gazette des Ancêtres nous propose deux Généathèmes : un sur l’entraide, un autre sur notre bonheur généalogique de cette année 2017. Je vais faire une pierre deux coups car mon bonheur généalogique de cette année a été permis grâce au service d’entraide du Cercle Généalogique de la Meurthe-et-Moselle. Voici comment j'ai pu en savoir plus que la folie d'un de mes ancêtres...

Où et quand est décédé Jean-Jacques Hubert WALENTIN ? 


Jean-Jacques Hubert WALENTIN (appelé Hubert) est né en 1820. Il est mon Sosa 120. Malgré mes recherches, je n’arrivais pas à retrouver son lieu et sa date de décès. Aucune trace dans les tables décennales des communes alentours, ni même dans les tables des successions et absences… Même les bases de données sur internet ne m’apprenaient rien… jusqu’au jour où Filae a indexé les registres d’Etat civil des archives mises en ligne…

Contre toute attente, je découvris qu’Hubert était décédé dans le département de la Meurthe et Moselle, dans la commune de Laxou. Très rapidement, je retrouve son acte de décès où il est dit pensionnaire de l’asile de Maréville. Comment… un fou dans ma famille ? Il me fallait en savoir plus sur cette histoire…

Heureusement qu’il y a l’entraide !


Je pris contact avec le service d’entraide du Cercle généalogique de la Meurthe-et-Moselle pour leur demander si les Archives Départementales 54 possédaient des archives de l’établissement de Maréville. Leur réponse fut positive et ils se proposèrent de faire les recherches pour moi… et fort heureusement. En effet, ces archives sont situées dans une annexe des AD54 et il faut une semaine de délai entre la commande et la communication en salle de lecture. En sachant qu’il fallait rechercher l’acte de décès de l’établissement, la liste des entrées et sorties, puis rechercher son dossier, avec à chaque fois une semaine d’intervalle… Autant dire que la tâche était impossible pour un chercheur éloigné comme moi.

Après plusieurs semaines et plusieurs passages en salle de lecture, ils m’envoyèrent le dossier d’Hubert, de son entrée en novembre 1869 à son décès en mars 1873. Un grand merci à eux en tout cas, car ils ont été d’une gentillesse et d’une patience remarquable !

Du bonheur et un peu de tristesse… 


Étrange sentiment que celui du généalogiste qui prend connaissance du document tant convoité, mais dont les propos relatent les problèmes de son aïeul. Un sentiment de bonheur pour ma part mêlé à de la tristesse et de l’étonnement. J’étais heureux d’en savoir plus sur mon AAAAGP, mais peiné de lire qu’il était effectivement considéré comme aliéné. Il disait en effet avoir marché plusieurs jours avec le Christ. Je ne connais pas l’origine de cette « folie », ni même de quand elle date. A moi maintenant de continuer les recherches, en espérant en savoir encore un peu plus sur lui.

Extrait du dossier de Jean Jacques Hubert VALENTIN (AD54 - 1855W493)

samedi 16 décembre 2017

Emotion pour mon premier #RDVAncestral avec Marie HACARDIO

Depuis quelques semaines, je me prépare à mon premier Rendez-vous Ancestral. Le rendez-vous a été initié par Guillaume Chaix du "Le Grenier de nos Ancêtres". Le principe est très simple : aller à la rencontre d’un de nos ancêtres et raconter ce voyage dans le passé. Je suis à la fois excité par cette nouvelle expérience, et un peu anxieux. Je me pose tout un tas de questions: comment vais-je leur parler ? Comment serai-je habillé ? Est-ce qu’ils vont me comprendre ? Dois-je passer in cognito ?... Bref, beaucoup de questions et aucune réponse tant que je n’avais pas vécu mon premier #RDVAncestral, que je vous propose de découvrir ici. 

Mon arrivée dans le passé se fit en douceur… comme si je me réveillais d’une bonne nuit de sommeil. Les yeux encore fermés, je commençais à percevoir les bruits de ce monde qui m’entourait. C’était d’abord le mugissement d’un bœuf, le bêlement d’un mouton, puis le bruit du vent dans les feuilles d’un arbre. Au loin, on entendait des discussions. Des « Ah ! » et des « Oh ! » s’unissaient aux hennissements des chevaux qui accompagnaient le dur labeur des hommes dans les champs. Puis vinrent les odeurs. Elles me rappelaient les balades estivales à la campagne : une légère odeur d’herbe fraichement coupée qui s’entremêlait à celle d’un bon fumier…

En ouvrant mes yeux, je me rendis compte que j’étais habillé avec des vêtements d’époque. Cela me rassura car ce genre de détail faisait partie des questions que je me posais avant de partir à ce premier RDV Ancestral. Au moins, je passerai « in cognito » !

Pour mon premier voyage dans le passé, je me sentais étonnamment bien. L’appréhension que j’avais avant mon départ s’était finalement dissipée dans ce voyage temporel. J’examinais alors le paysage qui m’entourait. A ma droite, derrière une prairie, on pouvait distinguer une multitude de champs et des cultures dont la largeur ne devait pas dépasser cinq ou six mètres. Au loin, je devinais les laboureurs, manœuvres et attelages qui travaillaient la terre. Une grande forêt se trouvait à ma gauche. Devant moi, le chemin de terre sur lequel j’étais aboutissait à un village constitué d’une dizaine de maisons.

En voyant ce paysage, je pris soudain conscience d’être réellement arrivé dans le passé. Mon excitation et mon enthousiasme devinrent tels que mon cœur commença à battre la chamade : « Je suis bel et bien arrivé dans le passé ! ». Je n’arrive toujours pas à décrire cet état d’émotion intense qui s’empara de moi, entre coup de foudre et émerveillement.

« Bon, OK, Sébastien, je suis dans le passé… mais quand ? ... Et où suis-je précisément ? ». Sans plus tarder, dans un élan d’enthousiasme, je décidai de marcher vers les maisons.

Au fur et à mesure de mon avancée, je commençais à reconnaître les paysages qui ne m’étaient pas étranger. « Je dois être à Schell » me dis-je. C’était somme toute logique, puisqu’une grande partie de mes aïeux y avaient vécu. A la deuxième ou troisième maison, je m’arrêtai net.

Les yeux écarquillés, la bouche ouverte et mon cœur qui repartit de plus belle... Certes, la maison n’avait rien de particulier, puisqu’il s’agissait d’une ferme lorraine typique avec une grande porte de grange, une porte d’entrée principale qui donnait sur un long couloir, et une fenêtre qui donnait sur la rue. Non, ce qui me laissa pantois, c’est l’inscription qui figurait sur le linteau de porte taillé dans une pierre ocre: « CD – 1732 – MM ». Il n’y avait aucun doute, cette grande maison était la ferme de Charles DANY et Marie MAIRE. J’étais donc bien à Schell. Ce qui me frappa, c’était le très bon état du bâtiment qui n’avait rien à voir avec l’état de ruine dans lequel il nous est parvenu aujourd’hui…


Mon émotion était telle que je ne fis pas attention à la jeune fille qui sortait de la grange. Habillée d’une jupe et d’une chemise, elle portait des sortes de souliers aux pieds. J’étais très étonné car je pensais que les personnes de l’époque portaient tous des sabots. Aux traits de son visage, je lui donnais 16 ans, 18 ans tout au plus. Sur le moment, je ne savais pas trop quoi lui dire. Les quelques secondes qui s’écoulèrent me paressèrent une éternité… Finalement, c’est elle qui engagea la conversation et qui me sortit de mon hébétude.

« Si vous souhaitez voir mon oncle Charles, il est partit dans les champs et reviendra avant le soir. »

Reprenant mes esprits, et après quelques nouvelles secondes de silence, je lui répondis :

- Merci. Je l’attendrai, enfin… je ne suis pas certain d’être encore là ce soir (pour un premier RDV ancestral, je ne savais pas combien de temps j’allais rester).
- Voulez-vous que je lui dise que vous êtes passé ?

Ne sachant pas quoi lui répondre à nouveau, j’esquivais en lui demandant comment elle s’appelait et si elle vivait dans cette maison. Étrangement, elle me répondit avec un grand sourire et sans forme d’appréhension :

- Je m’appelle Marie. J’habite chez mon oncle avec mon frère Nicolas depuis la mort de mes parents.

Il n’y avait guère de doute. La jeune fille qui me parlait devait être Marie HACARDIO. Nous devions être dans les environs de 1735/1740. Marie est mon aïeule du côté de mon grand-père maternel à la 8ème génération. Sa mère, Thérèse DANY avait épousé Jacques HACARDIO qui était laboureur à Marspich. Pour valider mon hypothèse, je remis un peu d’ordre dans mon esprit pour ressortir les quelques informations que j’avais en mémoire sur elle et sa famille:

- « Votre père se nommait bien Jacques n’est-ce pas ? Vous habitiez à la Cense de Konacker ?
- Oui, c’est bien cela. Vous connaissiez mon père ?
- Oui et non… En fait, je suis un membre de la famille, un cousin très éloigné en quelque sorte.
- Vous connaissez alors mon oncle Charles et son épouse Marie ?
- Oui, de nom. J’ai beaucoup entendu parler de lui, mais il ne me connait sans doute pas.
- Je vais devoir retourner à ma tâche. Si vous souhaitez voir mon oncle, passez en fin de journée.
- Je vous remercie. J’essayerai de passer. »

A ces mots, elle retourna dans la grange pour continuer son travail.

Ce premier contact avec une de mes ancêtres s’était finalement bien déroulé. J’étais très heureux d’avoir pu faire la connaissance de Marie, même si je restais quelque peu frustré de la brièveté de notre échange. Je reste néanmoins surpris de la facilité avec laquelle nous avons échangé… comme si finalement le lien familial, aussi lointain soit-il, avait créé une relation de confiance entre elle et moi. Après cette première rencontre, j’étais bien décidé à rester jusqu’à la fin de la journée pour voir Charles DANY et passer un peu plus de temps avec Marie pour la connaître un peu plus…

… A suivre…