dimanche 22 septembre 2013

Un peu d'organisation...

Sophie de la Gazette des Ancêtres nous propose pour ce mois de septembre un "Geneathème" sur notre organisation en généalogie. Loin d'avoir une organisation parfaite (c'est le cas de le dire !), voici comment je m'organise pour mes recherches et le traitement des informations récoltées.

 

La préparation de mes recherches 


Je parlais lors du Challenge d’avril dernier de la préparation de mes recherches avant de me rendre aux archives départementales. En effet, étant éloigné de ma région de naissance et donc de mes ancêtres, je dois être efficace au maximum lors de mes quelques visites annuelles.

Après avoir glané quelques idées et astuces sur internet, j’ai établi un modèle de fiche de recherche dans lequel je note le sujet, les questions auxquelles je dois trouver réponse ainsi que les documents à consulter.



Pour l’instant, ce modèle est adapté pour des sujets importants ou énigmes que je dois élucider. Par contre, il est plutôt inadapté pour des recherches ponctuelles qui concernent par exemple des informations ponctuelles pour confirmer ou pour trouver une source dans la réalisation de mon arbre généalogique. J’avais donc, cet été, préparé un tableau récapitulant tous les documents à rechercher avec leurs cotes lorsque cela était possible.

La gestion des sources et documents 


J’ai accumulé au fur et à mesure de mes recherches un nombre important de copies d’écran, de photographies d’archives, ainsi que de photos ou de papiers de famille numérisés. J’ai longtemps hésité dans le système de classement et le système de nommage de chaque dossier et chaque document. Ceci était particulièrement vrai pour les séries de photos que je pouvais faire lors de dépouillements d’archives notariales ou judiciaires par exemple. Alors… classement par famille ? par individu ? par couple ?
 
Pour faire simple, je suis parti du principe que l’important est la source en elle-même et sa localisation. Cette source qui permet notamment de justifier d’une information et qui permet à tout à chacun de retrouver l’origine de cette information. Mon système de classement des documents doit donc à la fois :
  • me permettre de retrouver facilement le document source sans passer trois heures à me poser la question "mais où j'ai mis ça ????"
  • permettre à tout lecteur de retrouver ces mêmes documents.
Après réflexions, j’ai opté pour ma part à un système de classement de type « fond d’archive » qui peut à la fois satisfaire ma gestion des documents et le traitement des ressources dans mon arbre généalogique.


En gros, tous mes documents sont classés par fond d'origine (par exemple AD de la Moselle, AD du Nord, Archives nationales...) et par série/sous-série. Cela donne par exemple :

Chaque dossier ou sous-dossier regroupe un ensemble de photographies ou de copies d'écran. Pour l'instant les photos ne sont pas renommées, mais je compte le faire au moyen d'un logiciel de renommage de photos.

Ainsi, lorsque je cite le registre matricule dans lequel le conscrit "Louis Joseph WALENTIN" apparaît, je donne pour source, et au minimum AD57-2R8. Chaque lecteur peut retrouver la source aux archives, et je retrouve aisément la photographie du document dans mon dossier AD57/Sous-Série 2R/2R8.

Documents de famille... encore du boulot !


Concernant les documents et photos de famille, tout est encore en vrac...

Je vais établir un classement du même type auquel je vais joindre un catalogue (le rêve...) de ce fond dans lequel je vais également préciser la localisation des originaux...

Si vous avez des idées, je suis preneur !


dimanche 14 juillet 2013

Généalogie descendante

Je suis un peu absent en ce moment de la blogosphère généalogique.

En réalité, je suis plutôt en mode off en ce qui concerne ma généalogie ascendante... non pas que je n'en ressens pas la motivation, bien au contraire !

Je suis simplement bien occupé avec ma généalogie descendante... Un nouvel acte de naissance est venu s'ajouter dans mes ressources, et j'en suis un des principaux personnages ;-)

A très bientôt,

samedi 8 juin 2013

Y comme "Série Yf"... la suite

Je parlais dans mon article sur la série Yf des archives du Service Historique de la Défense de ma longue (très longue) attente de la copie de deux dossiers... Enfin ! j'ai reçu le courrier tant attendu, avec la copie des dossiers de pension de deux de mes ancêtres : Jean KUNRATH (ou CONNERAD) et Louis Joseph WALENTIN...


Jean KUNRATH, réquisitionnaire pendant la période révolutionnaire

 

Jean KUNRATH, ou CONNERAD (Sosa 98) est né le 15 juin 1775 à Basse-Ham (Moselle). Il est le fils de Nicolas CONRAD et Catherine BALOT. 

Je le savais "Pensionné" ou "Retraité de l'Etat", mais rien de plus. Les archives de la Défense m'ont permis de découvrir une partie de son histoire.

Le document ci-dessous (solde de retraite) nous apprend qu'il était soldat à la 43ème demi-brigade du 15 avril 1793 jusqu'au 24 Germinal de l'an 6, le 13 avril 1798, soit pendant près de 5 ans.


 

Le motif de la demande de solde de retraite apporte également une information importante et intéressante. Jean KUNRATH a perdu la vue de l'oeil gauche et la vue de l'oeil droit est troublée du fait de l'explosion de la poudre à canon pendant la bataille de Fleurus, le 8 Messidor de l'an 2 (26 juin 1794).

Bon. J'ai maintenant pas mal de recherches à faire sur le passé de la 43ème demi-brigade, le déroulement de la bataille de Fleurus pour mieux comprendre comment et pourquoi un jeune de presque 18 ans est parti de son village pour entrer dans l'armée révolutionnaire...

De nombreux articles en perspective !



Louis Joseph WALENTIN, grenadier au 119ème Régiment d'Infanterie pendant le premier Empire.

 

Avec Louis Joseph WALENTIN, nous sommes à la période du premier Empire. Louis Joseph est l'enfant naturel de Catherine WALENTIN et il est né le 25 août 1788 à Hayes (Moselle).

Tout comme pour Jean KUNRATH, le dossier de pension nous apporte de nombreuses informations.

Louis Joseph est d'abord entré au 3ème Régiment d'Infanterie Légère le 23 juin 1807.

Le 1er juillet 1808, il entre dans la composition du 119ème Régiment d'Infanterie et part ensuite en Espagne, où il participe aux campagnes de 1808, 1809, 1810 et 1811. Les documents sur l'histoire du 119ème RI nous apprennent ainsi qu'il est passé par Medina-del-Rio-Seco, Burgos, Saragosse, Avila...

Le 3 juin 1811, il est blessé à Astorga. Il a été atteint d'un coup de feu à l'avant-bras droit, fracturant le radius. La balle n'a pas été extraite.

De la même manière, toutes ces informations ne demandent qu'à être complétées et approfondies. De quelle manière Louis Joseph est entrée dans l'armée napoléonienne ? Quel a été le parcours du 119ème RI ? ...


Chaque document nous permet d'ouvrir d'autres portes, lançant ou relançant des recherches plus approfondies... Dans de prochains articles, je vous ferai partager les fruits de mes découvertes.

samedi 18 mai 2013

Quand le moindre détail d'un acte de sépulture fait avancer le "schmilblick"...


Les familles issues de la région de Trélon/Anor/Momignies et venues s'installer à Luttange après 1687 sont nombreuses. Pour certaines, la correspondance entre les informations des actes de la région d'origine et de la région d'installation est peu évidente. Pourtant, certains détail permettent de débloquer certaines situations.
 
Jacques DEFLORENNE (mon sosa 804) est marié à Marie LECOQ (ou COHET, selon les actes). Il est manoeuvre à Vinsberg mais originaire de la paroisse de Momignies (Belgique actuellement). Je n’avais jusque là par retrouvé d’informations sur ce couple dans les registres paroissiaux de la région de Trélon/Momignies, jusqu’à ce qu’une découverte dans les registres paroissiaux de Luttange relance mes recherches.

Un détail sur un acte oublié

J’ai entreprise depuis quelques semaines de (re)-dépouiller, et de façon systématique, les registres en lignes de la paroisse de Luttange. Pourquoi re-dépouiller ? Tout simplement parce que j’avais déjà fait l’exercice il y a plusieurs, mais je m’étais rendu compte que j’avais oublié un certain nombre de détails qui peuvent parfois s’avérer essentiels pour les recherches (origine du parrain, liens de parentés…).

Dans les registres de 1710-1730 (9NUM/431ED1E2), je retrouve l’acte de sépulture d’une certaine Marie BACHELARD, habitante de Weinsberg. Dans les dernières lignes de l’acte, il est dit que Jacque DEFLOREIN, son gendre est témoin. 

La signature de ce Jacq DEFLOREIN concorde en tout point à la celle de mon aïeul. Je fais donc l’hypothèse que Marie BACHELARD est la mère de la femme de Jacques DEFLORENNE : Marie LECOQ.

Je reprends à ce moment toutes les informations que j’ai sur elle :

  • Elle serait née vers 1662 (elle est âgée d’environ 56 ans  à son décès en 1718
  • Son nom est COHET ou LECOQ
  • Sa mère serait Marie BACHELARD.


 Les actes de Momignies

Les DEFLORENNE étant originaires de la paroisse de Momignies, je décide de reprendre l’index des baptêmes des registres de cette paroisse, qui sont en ligne sur le site des Archives d’Etat de la Belgique (Momignies – Paroisse de Saint-Amand).

Je ne trouve rien à la lettre C. La lettre L m’apportera plus d’informations à la vue 84.

Pas de LECOQ mais des LECOHIER (un mélange de LECOQ et COHET…). Parmi eux, un couple retient mon attention : Jean LECOHIER et Marie BACHELART. Trois enfants sont cités dans l’index :

  • Catherine LECOHIER, baptisée le 5 février 1658,
  • Marie LECOHIER, baptisée le 10 août 1661,
  • Nicolas LECOHIER, baptisé le 25 mars 1664.

Archives de l'Etat à Mons - 9999/998 - 0699_000_01032_000_A_0001- Extrait table des baptêmes de Momignies


Bon. Je n’ai aucune certitude, mais tout semble concorder pour dire que Marie LECOHIER, née en 1661 est mon aïeule, et la femme de Jacques DEFLORENNE. Le tableau de concordance ci-dessous permet de comparer les données :


Données de départ
(Registres paroissiaux de Luttange)
Données retrouvées
(Registres paroissiaux de Momignies)
DONNEES CONSOLIDEES
NOM
Marie LECOQ ou COHET
Marie LECOHIER
Marie LECOHIER (ou COHET)
Naissance/Baptême
Vers 1662
10/08/1661
10/08/1661
Décès
1718
/
1718
Père         
?
Jean LECOHIER
Jean LECOHIER
Mère
Marie BACHELARD
Marie BACHELART
Marie BACHELART
Conjoint
Jacques DEFLORENNE
/
Jacques DEFLORENNE


Petit bilan


Toute information est bonne à prendre dans un registre, et le moindre indice peut nous aider à débloquer une recherche. Pour ma part, cette dernière ligne de l’acte de sépulture de Marie BACHELART m’a permis (avec toujours une petite incertitude) de retrouver la trace de ma branche « DEFLORENNE/COHET » jusqu’à Momignies, leur village d’origine, et ainsi de repousser cette branche d’une génération.

dimanche 12 mai 2013

Un trait d’humour de la part du curé de Luttange…

Avant la mort de leur paroissien, les curés se devaient d'administrer les différents sacrements qui devait leur promettre une vie éternelle auprès de Dieu. Néanmoins, il arrivait souvent que la personne décède de "morte subite" ou par accident, rendant l'administration des sacrements impossibles. Aussi, il se devaient de justifier de l'absence de ces sacrements.

En dépouillant les registres en ligne de la paroisse de Luttange (AD57 - 9NUM/ED1E1), on retrouve par exemple l'acte de sépulture de Pierre FORTHOMME. Voici ce que l'on peut lire:
a weinsberg
Le 1er Septembre est décédé Pierre forthomme de morte
subite sans estre administré d'aucun sacrement lequel a
esté inhumé au cimetiere de luttange presente presques
toutte la paroisse, il estoit au reste fort homme de bien
et qui faisoit fort souvent le devoir d'un bon chrétien
C.f. Despinette

Charle François Despinette, curé de Luttange, s'est donc essayé à un petit jeu de mot pour justifier de l'absence de sacrement: il est décédé de morte subite, était du reste un fort homme et était un bon chrétien !

mardi 30 avril 2013

Z comme "Zoufftgen"

Le Challenge de A à Z se finit aujourd'hui avec la dernière lettre de l'alphabet: la lettre Z. Pour terminer, voici une petite présentation de Zoufftgen, située au nord de la Moselle, et paroisse d'origine de Philippe HACARDIO, arrière-grand-père de Marie HACARDIO, orpheline dont j'ai relaté l'histoire il y a quelques jours.

Zoufftgen est situé à la frontière avec le Luxembourg. Plutôt rurale au sud, la commune est largement dominée par les bois au nord.

Petite particularité régionale, le nom de la commune possède une version en francique luxembourgeois et une version en français. Ainsi, Zoufftgen est le nom "francique". On retrouve le nom francisé sur les cartes des Naudins, où la paroisse est nommée "Souffletier". Sur les cartes de Cassini, la paroisse est nommée "Zoufken".



C'est donc à Zoufftgen que se termine le Challenge de A à Z. Merci en tout cas à Sophie Boudarel d'avoir pris l'initiative de ce Challenge.
A très bientôt.

lundi 29 avril 2013

Y comme "Série Yf"

Pas facile la lettre Y pour le Challenge de A à Z... Heureusement, le classement alphabétique des archives nous apporte de l'inspiration ! Aujourd'hui, petit focus sur la série Yf des archives historiques de la défense.

Petite présentation


Le Service Historique de la Défense (SHD) constitue le centre des archives de l'armée française. Il a été créé en 2005 en intégrant notamment l'ancien Service Historique de l'Armée de Terre (SHAT). Il se compose du centre historique des archives implanté sur différents site, dont le site du château de Vincennes. Pour tout ceux qui ont des ancêtres militaires, le SHD est une étape obligatoire.

Me concernant, et mis à part mes grands-parents et arrières-grands-parents qui ont combattu pendant les deux conflits mondiaux, deux de mes aïeux sont cités comme soldats ou militaires : Jean CONNERATH et Louis Joseph WALENTIN.

Ils ont vécu sur une période allant de la fin du XVIIIe siècle à la moitié du XIXe siècle et sont cités dans les registres d'état-civil comme soldats pensionnés.

Recherche de soldats pensionnés


La recherche d'informations sur des soldats pensionnés débute sur le site internet du SHD. Les dossiers de pension sont en effet classés en série Yf. Il existe 13 sous-série, classées de la manière suivante :

  • 1 Yf • Pensions sur le Trésor royal, 1777-1790
  • 2 Yf • Pensions, 1801-1817
  • 3 à 9 Yf • Pensions, 1817-1914
  • 11 Yf • Instances de pension, 1915-1926

Les sous-séries 10, 12 et 13 sont dépourvues d'instrument de recherche.


Recherche dans le répertoire alphabétique en sous-série 2Yf

La recherche des pensionnés de 1815 se fait alors en sous-série 2Yf, dont le répertoire alphabétique est numérisé et mis en ligne à cette adresse (il est également disponible à Vincennes).

Le répertoire alphabétique de la sous-série 2Yf est constitué de 10 volumes. A chaque nom figure un numéro de dossier, qui constitue la cote du dossier en question. Ainsi, pour Louis Joseph WALENTIN (extrait ci-dessous), la cote du dossier classé en archive est 2Yf28343.

SHD - Répertoire de la sous-série 2Yf - Volume 10


Consultation du dossier

SHD - Répertoire de la sous-série 2Yf - Volume 10, Simon à Zylof.

La consultation du dossier peut se faire de deux manières :

  1. Se déplacer au SHD à Vincennes
  2. Demander une copie du document.

1. La consultation des archives à Vincennes se fait selon un processus de réservation de place et de documents. Pour cela, il faut être inscrit comme lecteur au SHD (possibilité de se préinscrire par internet, mais passage obligé au bureau des inscriptions situé au RdC du bâtiment).

La réservation de place et de documents peut se faire également par internet sur une page dédiée. Pour cela, il faut se munir de son numéro de lecteur et des cotes des documents souhaités. La seule contrainte (et qui est de taille) est que l'on vous propose une date pour venir consulter les documents, qui peut s'avérer être différente de la date souhaitée. Cela est du notamment au nombre de places limité en salle de lecture. Le délai est actuellement de plus d'un mois. Pour ma part, cette procédure est contraignante et peu compatible avec mon travail.



2. La deuxième solution consiste à faire une demande de reproduction d'un dossier. Celui-ci se fait également par internet, grâce à un formulaire. Pour les dossiers de pension, il faut faire précéder son numéro par GR/2 Yf. Il faut également préciser également les noms et prénoms ainsi que, dans la mesure du possible, la date de naissance et le dernier grade de l'individu recherché.

La procédure est également très longue. Pour ma part, j'ai fait ma demande internet le 16 décembre 2012. J'ai reçu un devis de reproduction de document deux mois plus tard, le 21 février 2013. Le chèque a été encaissé le 21 mars et j'attends toujours le document, soit plus de 4 mois après ma demande.



Dans tous les cas, il faudra être patient... Pour autant, je reste compréhensif. Je pense que le personnel fait avec les moyens disponibles, ce qui entraîne nécessaire des délais très longs. A Vincennes, j'ai été très bien accueilli et on m'a très bien renseigné.

samedi 27 avril 2013

X comme "X"

N'allez pas croire à une quelconque histoire en dessous de la ceinture... L'article d'aujourd'hui est relatif aux "X" ou "+", marques ordinaires généralement faites par nos ancêtres qui "n'avaient l'usage d'escrire".



Des croix peu différenciées

La majorité des marques ordinaires sont des croix latines, que l'on retrouve sous la forme de X ou +. Rien de ressemble plus à une croix, et il est difficile de reconnaître la marque d'un ancêtre au travers de ce signe.

Le choix de faire une croix n'était pas anodin. Symbole religieux par excellence, apposer une croix signifiait que l'on prenait Dieu pour témoin.


Des formes plus particulières

Certains de mes ancêtres utilisaient des signes qui permettaient de les différencier. Ceci marque sans doute un forme de caractère bien établi. C'était ainsi se "démarquer" des autres paroissiens (et pour éviter également tout usurpation d'identité...).

Ceci est le cas par exemple de Laurent DROMMEREY dont j'ai relaté la vie et la mort, et qui apposait une marque particulière. On remarque que le geste reste peu précis et il semble qu'il ne savait pas écrire.

AD57 - 9NUM/ED1E1
Cette marque particulière en forme de papillon m'a permis de l'identifier dans certains actes, lorsque son nom n'était pas cité. Je n'ai pas encore trouvé de signification particulière.



Des indices sur le métier

Certaines marques avaient leur propre signification, et notamment sur le métier. Parmi mes ancêtres, Nicolas GUITTIENNE a apposé sa marque particulière sur l'acte de mariage de sa fille, Elisabeth, le 6 juillet 1698 à Luttange :

AD57 - 9NUM/431ED1E1
Cette marque représente une navette de tisserand, métier de Nicolas GUITTIENNE, qui est confirmé dans des actes suivants.


On s'attache souvent à analyser les signatures, mais analyser les marques de nos ancêtres peut nous renseigner sur leur caractère ou leur métier.

vendredi 26 avril 2013

W comme "Walentin"

Je parlais dans un article précédent des noms de famille dont l'orthographe variait au fil du temps et en fonction des humeurs du curé de la paroisse... Voici une énigme orthographique que je retrouve dans ma généalogie, avec le patronyme "WALENTIN".


Vous aviez fait la connaissance au début du Challenge d'Apollon WALENTIN, Coquetier de son état. Dans la famille, l'orthographe de ce nom de famille nous a toujours intrigué. Pourquoi un W et pourquoi pas un V ?

Un patronyme germanisé en 1870 ?

Nous pensions au départ que le patronyme avait été orthographié de la sorte lors de l'annexion de la Moselle par les allemands à partir de 1870. Il aurait alors été "germanisé" avec le remplacement du V par le W. Ceci peut sembler logique. Pour autant, lorsqu'on analyse les registres d'état civil, les autres patronymes débutant par un V restent orthographiés de la sorte...

Le W, bien avant 1870...

La première hypothèse est très vite balayée lorsque l'on retrouve le patronyme orthographié avec un W avant 1870.

En 1817, on retrouve le grand-père d'Apollon WALENTIN, Louis Joseph (Sosa 240), pensionné militaire :

Archives SHD - Pensions, 1801-1817 (Cote 2Yf) Volume 10
En 1788, à sa naissance, son parrain est cité dans l'acte de baptême. Son nom est orthographié avec un V par le curé, mais la (belle) signature du parrain, Louis Joseph, montre ostensiblement un W:

AD57 - 9NUM/312ED1E3 (paroisse de Hayes)

... mais un V avant 1780

8 ans plus tôt, en 1780, on retrouve la signature du grand-père de Louis-Joseph WALENTIN (Sosa 240), Bernard dans l'acte de décès de son fils, Jacques. Surprise. Son nom est orthographié avec un V, tout comme il l'écrit lui-même dans sa signature :

AD57 - 9NUM/5E111/3 (paroisse de Courcelles-Chaussy)
Les autres actes qui remontent au delà de 1780 ne montrent plus de signatures, mais le patronyme est toujours orthographié avec un V par les curés des paroisses concernées.

Conclusion

L'orthographe du patronyme WALENTIN avec un W daterait de la fin du XVIIIe siècle. Cette première apparition du W est présente dans la signature de Louis Joseph WALENTIN, également parrain de mon aïeul, mon Sosa 240.

Ce W n'apparaît vraiment qu'à partir de ce Sosa 240 : Louis-Joseph WALENTIN, fils naturel de Catherine VALENTIN. Alors, erreur de transcription qui s'est figée dans les registre ou souhait de Louis Joseph ?


jeudi 25 avril 2013

V comme "Vacances studieuses"

En écho à l'article d'Elodée sur "Vacances, Voyages", voici un article sur ce thème des vacances. En effet, pour la plupart des généalogistes, les seuls moments véritablement propices aux recherches sont les vacances. Ceci est particulièrement vrai lorsque l'on se situe loin de la région concernée...


De l'intérêt des vacances

En me déplaçant dans ma région d'origine, je me cale quelques demi-journées destinées aux recherches généalogiques. J'en profite pour:
  • interroger des personnes ressources,
  • visiter des villages, cimetières ou autres lieux
  • consulter des documents "sources" aux archives départementales

Anticiper et préparer ses déplacements

J'ai mis au point depuis quelques mois des fiches de recherche. Ainsi, pour chaque sujet
ou chaque question que je me pose et qui nécessite tout un processus de recherche je crée une fiche en y mettant la question posée, l'objectif de ma recherche, ainsi que les documents ou types de documents que je dois consulter.

Pour les recherches aux archives départementales, les sites internet facilitent également la tâche, grâce aux repertoires numériques plus ou moins détaillés. Avec un peu de connaissance des différents fonds et sous-séries, et une recherche dans les répertoires numériques, j'arrive à déterminer les cotes des documents ou les sous-séries à consulter.

Ainsi formalisées, les fiches sont rangées et classées en un même endroit. Ensuite, je ressors toutes les fiches avant chaque vacances et choisis les sujets de recherche à travailler. A chaque visite en salle de lecture, je me fixe un ou deux sujets (en fonction du nombre de documents à consulter), ce qui évite de se disperser. Je prends également d'autres sujets, au cas où il me resterait un peu de temps.

Etre méthodique, ne rien oublier...

En salle de lecture, il est important d'être méthodique et rigoureux dans la consultation des documents, notamment dans le cas où l'on ne peut s'y déplacer que deux ou trois fois par an.

Je n'ai pas forcément le temps de lire et déchiffrer chaque document. Aussi, je prends en photo chaque page ou chaque document qui m'intéresse. Une fois à la maison, je peux prendre le temps de déchiffrer et retranscrire. Ceci demande néanmoins un minimum de méthode car on peut très vite être envahi par des prises de vue à ne savoir qu'en faire.

Premièrement, je note les cotes des documents consultés sur une feuille (chose que j'oubliais au départ...). Au démarrage de chaque série de photos d'un même cote, je prends également en photo une feuille blanche avec la cote écrite dessus (un peu comme au démarrage de chaque bobine de microfilm). Cela permet de faciliter les tris entre chaque série de clichés.

De retour à la maison, je classe chaque série de photo par dossier (chaque dossier est nommé selon la cote). Pour les archives notariales ou judiciaires, j'essaie dans la mesure du possible de créer un tableau repertoriant les actes ainsi récupérés et les images qui leurs correspondent.

Au final, mes résultats sont classés par lieu d'archive/Sous-Série/Document (coté).

mercredi 24 avril 2013

U comme "Une journée de pause..."

Très peu de temps aujourd'hui, et peu d'inspiration. J'utilise alors mon "joker" (règle que je viens d'instaurer !) pour Une journée de pause dans le Challenge...

A demain pour la lettre V !

mardi 23 avril 2013

T comme "Temps"



Le temps qu'il fait, le temps qui passe ou qui court... le temps est partout "présent" en généalogie...


Le temps c'est d'abord le temps qu'il fait. Orage, pluie, vent, tempête, froid, sécheresse... nos aïeux qui vivaient de la terre étaient fortement dépendant des caprices du temps...


Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ;
Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées,
Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit.

Victor Hugo Les Feuilles d'automne, Soleils couchants 

Le temps c'est également le temps qui passe... l'horloge tourne inexorablement... C'est ce temps qui nous manque quelques fois, voire souvent. Ah! si j'avais plus de temps... sans doute mes recherches avanceraient plus vite...


Souviens-toi que le temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.

Baudelaire in Les Fleurs du mal, 1861

Enfin, avec les années qui passent, les faits de vie, anecdotes et autres souvenirs se perdent petit à petit... Bien évidemment, la généalogie ne permet pas de tout retrouver, mai au travers de nos recherches, on retrouve quelques bribes de ces souvenirs...

Avec le temps... Avec le temps, va, tout s'en va 
On oublie les passions et l'on oublie les voix 
Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens 
Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid

Léo Ferré

lundi 22 avril 2013

S comme "Sources"


Les sources sont un élément fondamental de toute recherche, qu'elle soit scientifique, historique ou généalogique. Petit focus sur l'intérêt et surtout la manière de citer ses sources. 

De l'intérêt des sources

 
Carl Spitzweg, Le Rat de bibliothèque .
La source désigne l'endroit d'où une information est tirée. Il peut s'agir de documents d'archive, d'ouvrages, d'articles scientifiques, de thèses, ou encore de communications personnelles, de courriers, de vidéos...

La source est fondamentale tant pour l'auteur que le lecteur. Pour l'auteur, elle permet de justifier son information. Pour le lecteur, elle permet de connaître l'origine de l'information pour éventuellement la consulter, ou en tout cas pour être certain que l'information donnée est fondée sur un document ou une ressource précise.


Ceci étant dit, comment citer l'origine de l'information et ses sources ?

La citation des sources issues d'ouvrages


Une première méthode peut s'inspirer de la norme Z44-005 "Description des références bibliographiques" qui décrit la manière de citer une référence bibliographique. Ainsi pour les livres, elle se structure de la manière suivante :

  • NOM de l'auteur, P(rénom). Titre de l'ouvrage. Nième édition. Tomaison. Ville d'édition: Editeur, année d'édition, nombre de volumes, nombre de pages. (Nom de la collection; n° dans la collection).

Cela donne par exemple :

  • KIEFFER J. Villages et villageois en Lorraine au 18e siècle. Metz, Editions Serpenoises, 2002, 138p.

D'autres méthodes préfèrent mettre l'année après le nom de l'auteur (KIEFFER J., 2002. Villages...)

Dans le corps de texte d'un article ou d'un ouvrage, la source est citée entre parenthèse en précisant le NOM de l'auteur, et l'année. Ces informations renvoient à une liste de références bibliographiques en fin d'article ou d'ouvrage. Par exemple (KIEFFER, 2002), renvoie à la référence complète présentée juste au dessus.


La citation des sources issues des archives


Tout se complique avec les documents issus d'archives...Prenons par exemple les registres paroissiaux de la paroisse de Luttange de 1680-1710. En utilisant la méthode citée précédemment, il apparaît que nous n'avons ni d'auteur (à moins de relever tous les curés..., ou alors de citer simplement "Collectif"), ni d'année d'édition, et encore moins d'éditeur...

Il faut se rappeler ici que l'information doit permettre à tout à chacun de retrouver le document source. Ainsi, pour les registres paroissiaux de Luttange, les informations minimales sont:
  • le lieu de localisation (Archives départementales de la Moselle)
  • la cote du document (431ED1E1) (ou 9NUM/431Ed1E1 pour les archives numérisées).
Pour ma part, je note de la manière suivante :
  •  AD57, 9NUM/431ED1E1
Dans mon logiciel de généalogie, et pour chaque évènement, j'ajoute d'autres informations pour préciser la source :

  • Type de document - le nom de la paroisse/commune - le type d'évènement - le nom de l' (des) intéressé(s) -  la date (la référence de la source).

Ceci donne par exemple :


  • Registres paroissiaux - Paroisse de Luttange - Baptême - Marie Thérèse DANY - 28/09/1695 (AD57 - 9NUM/431ED1E1)
Ceci permet par exemple de préciser l'origine d'une date ou d'un lieu (par exemple une date de naissance peut être retrouvée grâce à l'acte de mariage).





Pour finir, je ne peux que vous conseiller le très bon article de Sophie Boudarel concernant l'utilisation des sources en généalogie: Comment utiliser les sources en généalogie ?

samedi 20 avril 2013

R comme "Raisin"

Nous sommes le 22 octobre 1716. Le curé de la paroisse d’Ay est appelé pour le décès soudain de Laurent DROMERY. Le curé est fort embarrassé, puisqu’il n’a pas pu lui donner les sacrements de l’Eglise et le Saint-Viatique… surtout lorsqu’on lui apprend qu’il est décédé à cause d’un raisin… Voici l’histoire de la vie mouvementé et la fin quelque peu particulière de Laurent DROMERY, mon aïeul à la dixième génération. 


Ses origines entre Avesnois et Hainault

AD 59 / 5 Mi 011 R 10
Né vers 1632, Laurent DROMERY (ou DROMMEREY) est originaire de l’Avesnois, dans une région située entre Fourmies, Wallers-Trélon et Momignies.

En avril 1668, il se marie avec Françoise LANDELOUS, à Fourmies. Installés à Fourmies, ils eurent sept enfants : Jeanne en 1669, Etienne en 1671, Marguerite en 1673, Anne en 1676, Philippe en 1678, Nicolas en 1681 et Hélène en 1683 (Source : Archives Départementales du Nord - 5 Mi 011 R 010).


Migration et installation à Vinsberg, paroisse de Luttange

Vers 1686/1687, il quitte sa région natale avec femme et enfants pour s'installer en Lorraine. Ils partent avec de nombreuses familles dont les familles DANY, DEFLORENNE, ou VALDOR. Ils s'installent alors au village de Vinsberg où il est laboureur. En septembre 1687, naquit Antoine, son dernier enfant.


En août 1694, il est cité comme "Laboureur demeurant à Vensbergue" lors du baptême de Lorens SERFONTAINE dont il est le parrain (Registres paroissiaux de Rurange - AD57 - 9NUM/605ED1E1).

 
Déménagement à Rurange


Vers le mois d'octobre 1697, il part s'installer avec ses enfants à Rurange, village situé à quelques kilomètres de Vinsberg.

Son installation à Rurange est estimée entre février et octobre 1697. En effet, En février 1697, il demeure encore dans la paroisse de Luttange, comme le témoigne l'acte de mariage de son fils Estienne, où il est cité comme originaire de la paroisse. En octobre 1697, il est cité comme habitant Rurange lors la réalisation de bancs dans l'église de Rurange (AD57 - 9NUM/605ED1E1, vue 5). Sa résidence à Rurange est confirmée par l'acte de décès de son épouse en 1702 (Registres paroissiaux de Rurange - AD57 - 9NUM/605ED1E1). Lors des mariages de ses enfants, Philippe et Hélène, en février 1704, il est cité comme Laboureur et Eschevin.


4 mariages et un enterrement...

Laurent ne devait pas aimer la solitude... En effet, après le décès de sa première femme en mars 1702, il se remarie en juillet de la même anné avec Elisabeth ETTINGER, veuve de Nicolas WAGNER, et mère de son beau-fils et de sa belle-fille... (AD57 - 9NUM/311ED1E2).

Elisabeth décède en 1710. Il se remarie en troisième noce avec Madeleine FORFERT de Flévy. Il semble qu'il s'installe ensuite à Flévy, paroisse d'Ay (AD57 - 9NUM/5E154). Après le décès de sa troisième épouse, il se remarie en quatrième noce avec Catherine FABER (AD57 - 9NUM/43ED1E2).

Après quatre mariages et une vie de près de 84 ans, Laurent DROMMEREY meurt "accidentellement" le 22 octobre 1716. Voici ce que l'on peut lire dans l'acte de sépulture des registres paroissiaux d'Ay :
''Laurent Dromery [...] est décédé [...] sans avoir reçu les sacrements parce qu'il est mort subitement même en mangeant un raisin et se portant fort bien auparavant"

(AD57 - 9NUM/43ED1E2).
Son petit-fils, André DROMMEREY se mariera quelques années plus tard avec Marie HACARDIO...

Lien vers l'arbre de Laurent DROMMEREY

vendredi 19 avril 2013

Q comme "Questionner ses proches"

On pense souvent que la généalogie est d’abord une affaire d’archives ou de vieux papiers. Pourtant, on néglige trop souvent, et à tort, les témoignages « vivants », ceux de nos parents, grands-parents, oncles et tantes et cousins…

En fait, questionner ses proches doit être la première étape de toute recherche. Pour ma part, je connaissais des bouts d’histoires que l’on m’avait racontées et j’en avais de vagues souvenirs. Retourner à la source était indispensable.

Questionner ses proches, c’est se donner toutes les chances de retrouver des indices indispensables à nos recherches, et on peut être quelque fois surpris des informations, notes ou documents en leur possession. Enfin, questionner ses proches, c’est également leur faire partager les résultats des recherches !

De mon côté, je n’hésite pas à faire cela en plusieurs fois. Cela permet d’éviter le côté « interrogatoire » que je n’aime pas trop infliger. L’avantage est de pouvoir poser de nouvelles questions, revenir sur des sujets « épineux » ou de laisser le temps à la personne de réfléchir ou de retrouver des documents ou photos.

jeudi 18 avril 2013

P comme "Plus vieil ancêtre connu"

Souvent considéré comme point de départ des recherches généalogiques, le plus vieil ancêtre connu est la personne la plus ancienne dont on connaît de façon certaine l’existence…

Au départ, le plus vieil ancêtre connu est souvent de la génération des arrière-grands-parents. Petit à petit on repousse les limites, de génération en génération. Malheureusement, certaines branches sont stoppées nettes par des registres lacunaires, ou par des enfants abandonnés ou dont le père est inconnu.

Au fur et à mesure que l’on remonte le temps, les certitudes laissent place aux hypothèses, aux doutes… Aussi, la filiation du plus vieil ancêtre connu est à prendre avec précaution. Néanmoins, même s’il ne s’agit pas d’une course dans le temps, il est toujours satisfaisant de remonter les siècles…

Pour ma part, je remonte de façon certaine (ou du moins de façon assez sûre) jusqu’au début du 17ème siècle (naissance présumée) grâce aux registres paroissiaux. Cette limite pourrait être, je pense, repoussé pour certaines lignées grâces aux contrats de mariages et autres actes passés devant notaire. Cependant, ce travail peut s’avérer très long, et ma situation géographique, loin de ma région de naissance, ne me facilite pas la tâche.

Sur la base de travaux réalisés par d’autres personnes (Généanet), j’ai pu cependant remonter certaines lignées. Alors qui est mon plus vieil ancêtre connu supposé ?

Il s’agirait de Johan der SCHWEITZER (Sosa 113520). Johan der SCHWEITZER serait né vers 1510 et décédé après 1576. Il est considéré comme le plus ancien SCHWEITZER connu dans la région de Thionville. Il est recensé dans la seigneurie de Fontoy en 1561 "der Schwetzer", échevin de Beuvange en 1570, il est également mentionné dans le compte du Weinrichter de Thionville en 1575-1576 "der Schweitzer (Source ).16 générations me sépareraient de lui...

Et vous, quel est votre plus vieil ancêtre connu ?

mercredi 17 avril 2013

O comme "Orpheline à 11 ans"

Voici l'histoire de Marie HACARDIO, aïeule à la 8ème génération, du côté de mon grand-père maternel, orpheline à 11 ans et dont l'histoire peut être retracée pour partie grâce aux archives départementales...


Naissance à Schell, déménagement à Hayange/Marspich et perte de ses parents...


Marie HACARDIO est née le 10 janvier 1721, à Schell, paroisse de Luttange (AD57, 9NUM431ED1E2) et elle est le premier enfant de Jacques HACARDIO et Thérèse DANY. La famille s'installe ensuite à Hayange ou Marspich et s'agrandit avec la naissance de Nicolas, le 30 novembre 1722 (AD57, 9NUM/311ED1E3).

Thérèse DANY décède quelque temps plus tard. Jacques HACARDIO se remarie ensuite avec Jeanne BEIL en 1726. Ils eurent ensemble deux filles. Le 14 février 1732, il décède à son tour. Que deviennent alors Marie et Nicolas, qui n'ont finalement aucun lien de parenté avec leur belle-mère ?


Retour à Schell...


La lecture des archives notariales de Luttange de l'année 1736 va nous éclairer sur la destinée des deux enfants. En effet, on retrouve leur signalement dans un acte notarié datant du 19 mars 1736 (AD57, 3E-2516). Marie HACARDIO est alors âgée de 15 ans, et son frère de 13 ans.

 

On y apprend que les enfants sont confiés à leur tuteur, Charles DANY, laboureur à Schell, c'est à dire, le frère de Marie HACARDIO (et donc leur oncle maternel). On peut donc penser que Jeanne BEIL, leur belle-mère n'a pas souhaité (ou n'a pas pu) garder les deux enfants avec qui elle n'avait finalement pas de lien de parenté.

Dans cet acte, Charles DANY laisse à titre de bail pour six années et six récoltes les biens immeubles et terres appartenant aux enfants provenant de la succession de leur père et de leur mère à Michel MAURICE, également laboureur à Schell. En deuxième page, on apprend également que André DROMMEREY, de Rurange s'est porté caution pour Michel MAURICE.

A cette lecture, je sursaute un peu car il s'avère qu'André DROMMEREY est également le nom du futur époux de Marie HACARDIO...



Où l'on apprend que Marie HACARDIO et André DROMMEREY se sont mariés, et sont cousins...

Après vérification, je trouve la confirmation qu'il s'agit de la même personne. En 1736, André DROMMEREY était manœuvre à Rurange (situé non loin du village de Schell). Il était marié à Marie FAVRE. Ils s'installèrent après fin 1736 à Schell où il est également manœuvre, comme en témoignent les registres paroissiaux (AD57, 9NUM431ED1/E3). Sa première épouse décède fin septembre 1742. Finalement, il se marie en seconde noce avec Marie HACARDIO, en mai 1742... histoire d'amour ou histoire de terres ?

L'acte de mariage présent dans les registres paroissiaux de Luttange nous renseignent sur le lien de parenté existant entre les deux époux (AD57 - 9NUM/431ED1E3):
  
"Les dits André Drommerey et Marie Hackariot ont obtenu un bref de dispense de Notre Saint Pere le Pape Benoit quatorze en date du premier Mars de la présente année adressé à Monsieur L'official de Metz pour l'informer de la vérité exposé à notre Saint père le pape Laquelle information nous à étée commise par lettre de Mr Delande official du diocèse après la resquest qui a étée présentée par le dit andré Drommerey Laquelle information nous avons trouvé qu'il était parent au Second degré par alliance avec la ditte Hackariot et en outre du second et troisième par consanguinité [...]".

André et Marie demeureront à Schell jusque dans les années 1757/1758 avant d'aller s'installer à Rurange. Ils auront 8 enfants dont mon ancêtre, Marie DROMMEREY.

Marie HACARDIO décède "subitement" à Rurange le 8 février 1785 avant le jour à l'âge de 64 ans (AD57, 9NUM605ED1E3).

L'arbre de Marie HACARDIO

mardi 16 avril 2013

N comme "Noter"

Un très court billet aujourd’hui sur la base des recherches généalogiques (et pas seulement…) : noter.

Au départ, je ne notais que très peu de choses lors de mes recherches. Je prenais ce qui m’intéressait, l’information principale, la source et c’était à peu près tout. Au fur et à mesure que j’avançais dans ma généalogie, les informations et données sont
devenues de plus en plus importantes… et un jour, la fameuse question arrive « mais où l’ai-vu ? », « c’était dans quel document ? »… Pour éviter ces questions, je me suis rendu compte qu’il fallait tout noter… quitte à prendre un peu plus d’informations que nécessaires…

Aujourd’hui, je prends des notes dans un cahier, mais ce système ne me satisfait pas entièrement. Outre le côté chronologique des notes prises, je me rends compte que cela ne résout pas tout et je cherche quelque fois pendant longtemps où j’avais bien pu prendre ces fichues notes… Autre inconvénient, ce cahier ne peut pas entrer en salle de lecture aux archives départementales…

Je cherche encore aujourd’hui un moyen d’optimiser tout ça : conserver l’aspect pratique de la prise de note manuscrite, tout en facilitant un tri et un traitement des informations récupérées… En tout cas, si vous avez des suggestions ou idées, je suis preneur !

lundi 15 avril 2013

M comme "Malgré-nous"

Le mot "Malgré-Nous", pour rendre hommage à mon grand-père...

Tu es né en 1923. La guerre de 14-18, la "Der des Der", était terminée depuis déjà 5 ans et la Moselle redécouvrait la vie française. Tes parents sont en effet nés allemands, mais ont reçu une éducation à la française... A trois ans, ta mère décède. Ton père se remarie quelques années plus tard.

En 1939, la guerre éclate. Tu avais presque 16 ans. C'était d'abord la drôle de guerre, rien ne se passait vraiment ; et puis, en mai 1940, les soldats allemands ont envahis la France. La Moselle et l'Alsace revivent les moments terribles de 1871 et sont intégrées au Reich... Malgré-toi, tu es devenu allemand.

En 1942, tu avais 19 ans. La police allemande t'a arrêté sans ménage car elle te soupçonnait de sabotage à l'usine où tu travaillais. Tu a été envoyé dans un camp de prisonniers. 

Quelques mois plus tard, tu a été contraint de prendre l'uniforme allemand.Après une période de formation, tu es parti vers l'Est. C'est sur le font soviétique que l'on envoyait le plus souvent les Alsaciens et Mosellans qui avaient été incorporés de force dans la Wehrmacht, pour éviter toute tentation de fuite.

Le jour de tes 20 ans, tu es arrivé sur le front de Stalingrad. Devant toi, il n'y avait plus un arbre, seulement la désolation. Tu as dit "Oh maman...". Tu as ensuite vécu l'horreur de la guerre. Tu n'as jamais vraiment voulu en parler.

En février 45, tu as été blessé pendant la bataille de Kurland. Pendant un moment, tu resteras paralysé. Tu es envoyé à l'hôpital à Regensburg (Ratisbonne). La blessure étant sévère, tu y resteras pendant le restant de la guerre. Lorsque l'on connait le sort des soldats allemands qui ont combattu à Kurland, sans doute cette blessure, aussi douloureuse soit-elle, t'a sauvé la vie...

En mai 1945, tu a été libéré de l'hôpital. Après avoir récupéré quelques habits civils, tu a pris la route pour la Moselle et tu as pu retrouver ta maison. Tu es redevenu français, et surtout libre.


Mon grand-père fait parti des milliers de jeunes alsaciens et mosellans qui ont été enrôlés de force dans l'armée allemande. Tous n'eurent pas la chance de revenir vivant. Après la guerre, certains eurent du mal à comprendre comment de jeunes français ont pu revêtir l'uniforme allemand. Certains diront qu'ils étaient collabos. L'histoire est beaucoup plus complexe qu'elle n'y parait. Avaient-ils le choix ? Quelle choix ? Partir en guerre du côté allemand ou refuser, et entraîner avec eux, toute leur famille dans les camps de concentration ? Je le sais, mon grand-père détestait cet uniforme, il le haïssait. Qu'aurais-je fait à sa place ? Je ne sais pas. La seule chose que je sais, c'est que l'on ne peut pas les juger.

A partir des témoignages de proches et documents retrouvés, j'ai pu retracer l'histoire de mon grand-père. J'ai aujourd'hui un immense respect pour lui et son parcours.

 

> Pour ceux qui ont l'occasion de passer à côté de Metz, je vous conseille l'exposition "Malgré-Eux dans l’armée allemande-  Les incorporés de force mosellans 1942-1945", aux archives départementales de la Moselle (Saint-Julien lès Metz), jusqu'au31 août 2013 (entrée libre).

Plus d'informations.

samedi 13 avril 2013

L comme "Lire, et encore relire"

Lorsque l'on commence la généalogie, on arrive très vite devant des registres paroissiaux ou des actes notariés qui, de prime abord, nous paraissent illisibles... Pourtant, il ne faut pas s'arrêter au premier mots difficile à transcrire. Avec les erreurs et l'expérience on peut y arriver... Voilà la manière dont je travaille, inspiré de méthodes ou de conseils glanés à droite et à gauche...

1. Préparation du document

Cette étape ne vaut que lorsque l'on est en face d'un document scanné. Je manière générale, je conseille de le faire (ou en tout cas de le prendre en photo s'il provient d'archives). Ceci permet de jouer sur la luminosité, les contrastes, et surtout de zoomer. J'utilise personnellement Picasa. Je recadre à la taille de la page et je fais d'abord un "Contraste automatique".

2. Commencer à déchiffrer

En premier lieu, je commence toujours par identifier des mots facilement compréhensibles ("Par devant le notaire royal de...", des patronymes, des lieux, des noms communs...). Grâce à ces mots, j'arrive à identifier l'écriture et la forme des lettres employées par le rédacteur.

3. Comparer à des textes similaires

Lorsque l'on débute la transcription d'un acte notarié ou de tout autre document juridique ou administratifs, certains termes ou certaines expressions reviennent souvent. J'ai souvent réussi à passer au delà des difficultés grâce à d'autres textes similaires à l'écriture plus facilement compréhensible...


4.Retranscrire

Je retranscris les textes car cela me permet de garder trace, et surtout de ne pas recommencer le travail. Pour cela, je numérote chaque ligne. La transcription se fait de ligne à ligne. Je garde également des espaces pour les mots ou groupes de mot que je comprends pas.


5. Savoir laisser tomber et décanter quelques temps...

Dans les cas de grandes difficultés, mon conseil est finalement de tout laisser tomber, et de reprendre le texte quelque temps après. Avec du recul, et après avoir laissé décanter, les mots ou morceaux de phrase qui nous donnaient du fil à retordre deviennent plus clairs (je l'avoue, pas toujours...).

6. Avoir à disposition des clefs de compréhenion

Ce que j'appelle "Clefs de compréhension", ce sont les traductions, listes de mots, d'abréviations, ou alphabets qui nous facilitent la tâche devant des mots ou lettres dont l'écriture n'est plus la même aujourd'hui... A droite, par exemple, cet alphabet m'aide particulièrement dans la transcription des textes et courriers de la Moselle pendant l'annexion par les allemands (écriture gothique).




Si vous avez d'autres conseils, je suis preneur !



vendredi 12 avril 2013

K comme "Kauffman ou Marchand ?"

Pour ceux qui ont des ancêtres en Moselle ou dans les zones frontalières du nord-est de la France, la plupart des patronymes ont des consonances germaniques. Il faut dire en effet que le département se situe au niveau d’une frontière linguistique, qui trouve son origine bien avant l’annexion de la Moselle par l’Allemagne en 1871, mais au cours des invasions à la fin de l’Empire Romain.

La langue parlée jusqu’à très récemment au nord de la Moselle était du Francique (proche de l’allemand, mais avec ses spécificités propres). Les patronymes du 18ème siècle ou d’aujourd’hui sont marqués par cette langue. La plupart de mes ancêtres maternels habitaient ainsi dans une zone située proche de la limite linguistique, et il est sans doute possible que certains étaient bilingues.

A une époque où la langue officielle du Royaume de France était le français, les curés rédigeaient les actes des registres paroissiaux en français (ou encore en latin). Aussi, il n’est pas rare que certains aient trouvé bon de traduire certains patronymes en français dans les actes. Pire même… certains curés retranscrivaient les patronymes, tantôt en francique, tantôt en français en fonction de leur humeur… Il en résulte quelque fois des petites épines généalogiques que l’on arrive à résoudre assez facilement. Voici ci-dessous quelques exemples retrouvés :

  • Müller / Meunier 
  • Wagner / Charron 
  • Braun / Brun ou Lebrun 
  • Junger/Lejeune 
  • Schumacher/Cordonnier 
  • Weber/Tisserant 
  • etc

Une épine qui m’a pris un peu plus de temps a été le patronyme SCHERER, que je n’avais pas traduit immédiatement. Je cherchais en effet les enfants du couple Jean SCHERER / Augustine DANY. Après quelques recherches, je retrouvais un acte de décès de Jean SCHERER habitant à Schell et décédé à Metzervisse. Il était alors âgé de 26 ans. Je retrouvais également un acte de mariage de son fils, mais pourtant aucune trace à Schell… Arès quelques recherches et finalement traduction (SCHERER = Tondeur), je retrouvais enfin un couple que j’avais mis de côté : Jean BARBIER / Christienne DANY qui avait un fils à Schell, et dont le prénom et la date de naissance concordaient avec le fils de Jean SCHERER / Augustine DANY. Je conclus alors qu’il s’agissait du même couple, et que le curé de la paroisse de Luttange avait pris le soin de traduire SCHERER en BARBIER…

Jean SCHERER / Jean BARBIER, deux noms, une seule personne (AD57 - 9NUM431ED1E3)

Une chose est donc à prendre en compte en généalogie. L’orthographe d’un patronyme ne veut pas dire grand-chose, puisqu’il s’agissait souvent d'une retranscription phonétique d’un nom parlé. Pour des régions frontalières, un autre point est à prendre en compte : un patronyme peut se trouver francisé (et inversement…).