dimanche 27 juillet 2014

Copiage de donnée et citation des sources : respectons les droits d’auteur et la propriété des données…

Voici un article d’humeur sur deux questions qui peuvent se poser pour un généalogiste publiant ses données et informations : le droit d’auteur et la citation des sources. 


Du souhait de partager ses données et découvertes… 



Peu après mes débuts en généalogie et de nombreuses heures de recherches passées sur internet ou dans les salles de lecture d’archives départementales, je me suis posé la question de l’utilisation et de la valorisation des données recueillies. J’avais en effet pu élucider quelques énigmes et retrouver des informations quasi inédites. Je souhaitais donc partager le fruit de mes recherches avec d’autres personnes. Après la publication de mon arbre sur Geneanet, j’ai poursuivi ma démarche en créant le blog Marques Ordinaires.

…à la découverte des co-piller/coller sauvages 


Si je publie les informations et résultats de mes recherches, c’est que je souhaite en faire partager le plus grand nombre et que les informations transmises soient partagées, discutées et reprises. J’accepte et je suis même heureux que ces découvertes soient reprises. Pour autant, et malgré l’enthousiasme du partage d’informations et des échanges avec d’autres personnes, je fus refroidi par deux mésaventures.

 La première date d’il y a un an et demi. J’effectuais des recherches sur les patronymes de mon arbre sur un moteur de recherche (google pour ne pas le citer). Je suis tombé sur une photo d’un de mes aïeux et que j’avais utilisé comme portrait sur mon arbre Geneanet. Je suis rentré en contact avec la personne qui avait réutilisé la photographie. Celui-ci m’a répondu un peu sèchement qu’il ne fallait pas s’en étonner car la photo était mise en ligne et qu’elle pouvait être réutilisée par tous…

 La deuxième mésaventure est un peu plus récente. Je reçois chaque semaine une alerte "Geneanet a retrouvé de nouveaux ancêtres". Ce fut le cas un jour pour une des branches que j’avais particulièrement travaillé. Très étonné et curieux de cette information, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que la personne avait repris intégralement les résultats de mes recherches, et surtout avait « copier-coller » les notes que j’avais rédigées sur cette personne, ceci sans citer l’origine de la source...

Les risques de la mise en ligne… 


Il faut avoir en tête qu’en publiant et en mettant en ligne des médias ou documents, le risque d’une réutilisation ou de co-pillage-collage "sauvage" existe.

Ces deux mésaventures m’ont fait réfléchir quand à la publication des informations et médias. Concernant les photos, et suite à l’utilisation de photos personnelles de mes aïeux, j’ai rapidement supprimé l’ensemble des portraits et photos de famille de Geneanet. Je compte éventuellement les republier, mais avec une qualité d’image et limitée et surtout avec un copyright incrusté sur la photo En ce qui concerne les publications "texte", je ne compte pas forcément restreindre leur publication. Je vais plutôt privilégier l’utilisation du blog avec la rédaction d’articles et de biographies plutôt que la mise en ligne des informations complètes sur Geneanet.

La citation des sources et le respect des auteurs et propriétaires de données 

 

Déformation professionnelle sans doute, rigueur scientifique également... voici pourquoi j'ai essayé de citer au maximum mes sources. Je ne parlerai pas ici de la méthode que j'utilise pour citer les sources, car je l'avais déjà fait à l'époque dans un article paru pendant le ChallengeAZ 2013 : "S comme Sources".

La citation des sources doit en fait être réciproque. Lorsque j'effectue des recherches, je suis toujours "frustré" de ne pas avoir la source de l'information. C'est dommage, car je ne peux pas en vérifier l'exactitude et surtout effectuer d'autres recherches sur cette même source d'information.  

De la même manière, il m'est important de citer mes propres sources, et ce ci pour plusieurs raisons :


  • Par respect pour l’auteur et pour le temps qu’il a pu passer pour ses recherches, 
  • Par souci de rigueur « scientifique », 
  • Pour donner au lecteur l’origine des informations et ainsi lui permettre de vérifier et également de poursuivre de son côté des recherches, peut-être avec d’autres pistes… 
  • Pour s’y retrouver personnellement, notamment lorsque l’on reprend une recherche que l’on avait mis en pause pendant quelques jours ou quelques années…
A ce sujet, Geneanet a développé un système d'indice permettant d'évaluer, entre autre, la citation des sources dans les arbres publiés. Comme le précise Geneanet, "Plus les informations publiées sont riches et sourcées, plus le nombre d'étoiles est élevé. Ce nombre ne préjuge pas pour autant de l'exactitude des informations publiées".




Pour terminer, voici quelques articles traitant du sujet, sur la blogosphère généalogique :



mercredi 11 juin 2014

J : une série à ne pas manquer !



Pour cette deuxième semaine du ChallengeAZ, je vous propose de découvrir quelques uns des documents, sources ou archives qui peuvent permettre d’avancer dans les recherches généalogiques. Je vous présente aujourd’hui une série particulière des archives départementales : la série J.

De quoi s’agit-il ?

La série J correspond aux archives d’origine privée entrées par voie extraordinaire. Ce peut-être par achats, dépôts, dons ou legs.  
Les documents sont généralement classés selon leur origine ou selon le dernier propriétaire des documents. 

Que peut-on y trouver ?

De tout, et c’est bien cela qui nous intéresse ! Le site des archives départementales de l’Isère nous détaille les types de documents qui peuvent s’y trouver ;

  • Les archives privées cultuelles
  • Les archives privées d'associations, de partis politiques et de syndicats
  • Les archives privées de professions libérales (architectes, géomètres, notaires, huissiers...)
  • Les archives privées d'entreprises
  • Les archives privées d'historiens, d'érudits et de collectionneurs
  • Les archives privées personnelles et familiales

Les liasses présentent souvent des documents très variés et il est important de bien dépouiller la totalité des documents... on y trouve souvent quelques belles trouvailles!


Quelques exemples :

Des archives des familles des Seigneurs pour mieux comprendre la vie de nos ancêtres
Parmi les archives privées, figurent les archives familiales, et notamment celles des familles des Seigneurs qui étaient propriétaires et à la tête des territoires où vivaient nos ancêtres. J'ai ainsi pu retrouver aux archives départementales de la Moselle, les archives de la famille d'Attel, seigneurs en partie de Luttange et des environs, en sous-série 116J.
Parmi les documents et actes, figurent des notes personnelles, des plans, des pieds-terriers, des copies d'actes judiciaires...  Tous ces documents peuvent venir en complément d'autres sources (archives judiciaires, impôts...). J'ai par exemple retrouver une liste des habitants de la communauté de Luttange, liste que je n'avais pu trouver ailleurs.

 Des actes de catholicité pour combler des lacunes des registres d’état civil

Toujours aux archives départementales de la Moselle, la sous-série 61J correspond aux archives de l’Archevêché. L’intérêt de cette sous-série est de regrouper les actes de catholicité. Les actes de catholicité regroupés sous forme de registres regroupent les actes de baptêmes, mariages et sépultures, c'est-à-dire les mêmes informations que les registres paroissiaux d’avant la révolution. Ces documents viennent ainsi « doubler » les actes d’état-civil. Aussi, lorsqu’il existe des lacunes dans les registres d’état-civil, une recherche dans les registres de catholicité peut quelque fois retrouver des informations perdues.
J’ai ainsi pu retrouver un acte de baptême et donc la date de naissance d’un de mes aïeux.

mardi 10 juin 2014

I comme "I comme Inventaire après décès"



Pour cette deuxième semaine du ChallengeAZ, je vous propose de découvrir quelques uns des documents, sources ou archives qui peuvent permettre d’avancer dans les recherches généalogiques. Aujourd’hui, je vous propose de poursuivre sur les documents relatifs aux successions et héritages : les inventaires après décès.

De quoi s’agit-il ?

Il s'agit d'un acte notarié ou judiciaire. Les inventaires étaient réalisés généralement très peu de temps après le décès. Pour les inventaires que j’ai pu retrouver, il s’agissait souvent d’une question de quelques jours après le décès. 

Où trouver les inventaires après-décès ?
Pour ma part, j’ai retrouvé deux sources principales : les archives de notaire (Sous-série 3E aux archives départementales de la Moselle) et les archives judiciaires (Série B). Sans contrôle des actes, j'ai du réaliser un dépouillement systématique.

Que retrouve t’on ?

L'acte d'inventaire après décès n'est généralement pas isolé dans les liasses. On retrouve par exemple des documents où un des héritiers demande la réalisation de l'inventaire.
L'acte en tant que tel comprend notamment :

  • l'identité et les situations des demandeurs de l'inventaire (requérants),
  • la liste des biens (meubles, effets, titres, papiers)

Les inventaires après décès permettent notamment d’avoir une « photographie » de l'époque et de se replonger dans le quotidien de nos aïeux. Ils permettent également d’évaluer le niveau de richesse par comparaison avec d’autres.

Exemple :

Pour illustrer mes propos, voici un inventaire après décès retrouvé en Série B sous la côte B5247 (Justice Seigneuriale de Luttange, actes divers du XVIIIème siècle).
Porte d'entrée de la maison de Charles DANY

Il s’agit de l’inventaire des biens mobiliers d’un certain Charles DANY, laboureur au village de Schell, dont le décès date du 13 mars 1771. Il est le frère de Thérèse DANY, mon aïeule à la 9ème génération et également oncle et tuteur de Marie HACARDIO que je vous ai présenté lors du dernier Challenge 2013 (Lien).

L’inventaire a été réalisé les 15 et 16 mars 1771, soit 2 jours après le décès. L'acte liste ensuite, pièce par pièce les objets présents.

On note par exemple pour la cuisine :

  • les objets en cuivres et en airain (3 chaudrons, 3 marmites, une passoire...),
  • les objets en étain (5 plats, 10 assiettes, 15 cuillères...)
  • les meubles en bois (2 seaux ferrés, un baquet, une table tirante, 4 bois de lit, 6 chaises de paille, une armoire, 3 coffres)
  • les plumages et équipages de lit (5 plumeaux, 6 traversins, un tour de lit)
  • les appartenances du défunt (un habit de pinchinat, une veste, une chemise, un chapeau, une paire de soulier et une paire de bas de laine)
L'acte permet véritablement une visite de guidée de la maison. Les pièces de la maison de Charles DANY (comme la plupart des maisons lorraines de l'époque) sont peu nombreuses. Il y avait une cuisine, pièce commune ouverte sur le devant de la maison par une fenêtre, une chambre à l'arrière, un grenier, une grange et une écurie.

D'autres documents (dont les actes paroissiaux) m'avaient permis de conclure sur le fait que Charles DANY était un des principaux laboureurs du village de Schell. Pourtant, à la lecture de l'inventaire après décès, sa richesse était toute modeste, comparativement à d'autres laboureurs de la région.



Et vous, avez-vous pu trouver ce type d'actes ? Qu'en avez-vous appris ?



lundi 9 juin 2014

H comme "Héritages et successions"



Pour cette deuxième semaine du ChallengeAZ, je vous propose de découvrir quelques uns des documents, sources ou archives qui peuvent permettre d’avancer dans les recherches généalogiques. Aujourd’hui, je vous propose de débuter avec les documents relatifs aux successions durant le 18ème siècle.

De quoi s’agit-il ?

Il s'agit de documents notariés ou judiciaires qui déterminent les dispositions du partage des biens immeubles et meubles d'un défunt.
En ce qui concerne les biens meubles, un inventaire après décès était souvent réalisé pour lister les biens appartenant au défunt, j’en parlerai demain.

Où trouver les inventaires après-décès ?

Concernant mes aïeux vivant dans l’actuel département de la Moselle, j’ai pu retrouver des documents sur les partages et successions en sous-série 3E (Notaires) et en Série B, dans les liasses des justices seigneuriales. N'ayant pas pu retrouver de contrôle des actes, j'ai du dépouiller les liasses des archives notariées et judiciaires.

Que retrouve t’on ?

L’acte débute généralement par la liste des personnes héritières du défunt. Ces informations permettent notamment d’avoir une idée précise sur les enfants ou petits-enfants encore en vie et de leur situation maritale. On peut également retrouver leur lieu de résidence, leur métier et le nom de leur époux ou épouse. C’est donc un outil intéressant en généalogie (notamment descendante).
Le document liste ensuite le mode de division des biens, la description de chaque part, leur destinataire, et les éventuelles conditions du partage.

Exemple :

Pour illustrer et présenter ce type de document, voici la succession immobilière de Michel ROSERT, époux d’Elisabeth GUITIENNE, en date du 23 novembre 1754. J'ai retrouvé ce document en dépouillant les actes judiciaires de la série B, et plus précisément sous la cote B 5244, qui correspond aux actes de justice seigneuriale de Luttange.

Michel ROSERT est mon aïeul à la 9ème génération (Sosa 806). Il était tisserand au village de Luttange et, est décédé le 24 octobre 1753. Le partage des biens s’est déroulé près d’un an après le décès. Dans la première page, les cohéritiers sont listés :

  • Jean ROSERT, maître tonnelier, bourgeois de Thionville,
  • Jean DEFLORENNE, laboureur demeurant à Schell, époux de Marguerite ROSERT,
  • Claudine ROSERT, veuve de Jean DEFLORENNE, demeurant à Schell,
  • Catherine ROSERT, veuve de Philippe DEFLORENNE, vivant manœuvre à Vinsberg,
  • Anne ROSERT, veuve de Jean MAIRE, vivant laboureur à Bettelainville,
  • Pierre NEIELLE, laboureur demeurant à Hessange, époux de Jeanne ROSERT,
  • Baptiste DEFLORENNE, époux de Marie ROSERT.

Les biens immeubles de Michel ROSERT et Elisabeth GUITTIENNE consistaient en terres labourables, prés et jardins situés sur le ban de ce lieu (Luttange), voisins et circum-voisins. La division a été effectuée en sept parts «  le plus égal que faire se peut ».

L’acte liste ensuite les sept parts divisées sous les lettres A, B, C, D, E, F et G et le destinataire de chacune d’entre elle. Ainsi, Claudine ROSERT, mon sosa n°XXX, reçoit la part placée sous la lettre B.

Elle reçoit ainsi en terres labourables :

  • Un demi journal « Sur Gaevins »,
  • Un demi jour « Bosche la Haye de Rexange »,
  • Un quarteron et demi dans la « franche Raye »,
  • Un demi jour dans la « Kleine Geventienne »,

En prés :

  • Six andains aux « prés de Marienbourg »,
  • La moitié du pré « au dessous de Lanejevice »

En jardins :

  • Un petit jardin dans les « Hirdengars »

A ce partage, il est également ajouté qu’elle est chargée d’un septième des rentes seigneuriales en grains et de rembourser la semence et culture des terres. 

Je reviendrai la semaine prochaine sur les termes de « jours », « quarterons » et autres termes utilisés dans les campagnes lorraines dans la gestion agraire.

vendredi 6 juin 2014

F comme "Femme découverte sous un chêne"



Le thème que j'ai choisi d'aborder pour la première semaine du Challenge AZ concerne des histoires, anecdotes ou faits qui m’ont interpellés lors de la lecture et du dépouillement de registres paroissiaux. Voici un acte de sépulture particulier retrouvé dans les registres paroissiaux de Luttange (Moselle). L’acte est très court. 

Chêne (Duby_nad_Pozorkou - CC-BY-SA)
L’histoire se passe le 12 novembre 1694. Ce matin, une femme fut découverte sous un chêne. Il y avait avec elle une jeune fille âgée de 5 ou 6 ans. On peut imaginer qu’il s’agissait de sa fille. On ne sait pas si c’est elle qui donna son nom, ou si elle fut reconnue par des habitants du village, mais on apprend dans l’acte qu’elle s’appelait Marie MARTIN.

Marie MARTIN mourut le lendemain, le 13 novembre, et fut inhumée dans le cimetière de Luttange.
Voici le texte retranscrit :


Le 12 9bre fut trouvée une femme qui avait passée (nommée marie martin)
la nuit sous un chêne avec une fille âgée de cinq à
six ans, cette femme mourut le 13 elle fut inhumée au
cimetière de luttange présents presques tous mes paroissiens
C.F. Despinette


Je n’ai pas pour l’instant pu retrouver dans les registres paroissiaux d’où était originaire Marie MARTIN et comment s’appelait sa fille. Le mystère reste donc pour l’instant entier sur son identité et sur son destin…

mercredi 4 juin 2014

D comme Dévotion

Le thème que j'ai choisi d'aborder pour la première semaine du Challenge AZ concerne des histoires, anecdotes ou faits qui m’ont interpellés lors de la lecture et du dépouillement de registres paroissiaux. L'acte de sépulture que je vous présente aujourd'hui est particulièrement intéressant car il résumé assez bien la vie du défunt...



Aveugle par Gavarni (http://www.crcb.org)
Le 10 juin 1724 a eu lieu à Guénange l'enterrement de Lambert DANIS, en présence notamment de son frère, Ambroise et de son fils, Jean-Baptiste. Je vous laisse découvrir le début de l'acte dans lequel on retrouve de nombreuses informations sur la vie de Lambert DANIS (ou DANY) :


L’an 1724 le 10 de juin a été par moy curé de Guenange soussigné
inhumé le corps de défunt Lambert Danis natif de momny de la conté
de chiny au pays de Luxembourg agé de 85 ans après avoir recu
et avoir été par moi munis de tous les droits de l’église et avoir
donné des marques de bon chretien mort de la belle mort cy devant
Laboureur à Chelle paroisse de Luttange lequel se trouvant
Affligé pour avoir perdu la vu est venu résider sous les yeux des
Enfants de sa femme Catherine budlinger dans le village de
Bousse ou ayant concu une dévotion particulière pour la ditte chappelle
Il avoit demander a moy curé d’y estre enterré ce que je luy ai
Accordé dautant plus volontiers que plusieurs des dits enfants sont
Les protecteurs et bienfaiteurs de cette chapelle le tout sans préjudice

 
Petites explications de texte...

Voici quelques précisions à apporter à cette micro-biographie :

Le village d'origine de Lambert DANIS est Momignies, situé dans l'ancien Comté de Chiny et actuelle en Belgique, non loin de la frontière avec la France.
Il s'est installé dans le village de Schell avec sa première femme Marie PIERSON avant qu'elle ne décède en 1694. Il se marie ensuite avec Catherine BUDLINGER le 30 juillet 1695 à Guénange.

Vous trouverez le lien vers la fiche Généanet de Lambert DANY ici.


Avez-vous retrouvé d'actes aussi détaillés ?

A très bientôt!